Témoignage de Claire: PVT en Argentine et voyage en Uruguay!

Hello les voyageurs,

Aujourd’hui on retrouve Claire,  24 ans, voyageuse passionnée, qui a décidé de partir en Amérique Latine. Son voyage en Amérique Latine a commencé grâce à un PVT (Permis Vacances Travail) en Argentine, elle s’est donc retrouvée à Buenos Aires. Elle va nous parler de son expérience mais surtout d’un pays qui l’a marqué: l’Uruguay. Je vous laisse lire son interview pour connaitre la suite 🙂

Parle-nous de toi:

Suite à une licence en journalisme et un master 2 de géopolitique, j’ai décidé de voyager plutôt que de faire une course au CDI (le parcours classique et encouragé du « stage-CDD-CDI »), direction l’Amérique latine! Depuis, je vis sur la route et j’en suis ravie. Passionnée par le sport en général, j’ai pratiqué la gymnastique pendant 15 ans et je joue désormais au volley-ball. J’aime chanter avec mon papa à la guitare mais, désormais, c’est avec mon copain uruguayen avec qui nous nous produisons dans la rue !

Dans quel cadre es-tu partie ?

Je suis partie avec un PVT argentin en poche sans me soucier de la situation économique du pays. J’ai relativement vite compris qu’il n’était pas aisé de trouver un travail intéressant avec un salaire satisfaisant. Et c’est au début de mon voyage, en auberge de jeunesse à Buenos Aires que j’ai fait la découverte de Workaway.  Il s’agit d’un site Internet qui met en relation des volontaires et des hôtes. Le principe est simple : en échange de quelques heures de travail par jour, le volontaire est logé et nourri. Alors que j’avais pensé m’installer dans une ville argentine et y vivre une expérience d’expatriée, j’ai finalement voyagé de l’Argentine à l’Équateur en passant par le Chili, l’Uruguay, la Bolivie et le Pérou.

Quelles ont été tes expériences de travail ?

Ma première expérience de travail a été dans une ferme près de Cordoba, en Argentine. Même si l’expérience fut extrêmement enrichissante, elle a pris une tournure inattendue. En effet, petit à petit, le travail à la ferme est rapidement devenu disproportionné quant à la déontologie du volontariat. Je devais m’occuper des poules et des vaches, faire le fromage, s’occuper de l’entretien de la maison et du jardin, faire la cuisine, etc. Heureusement, je m’étais aventurée dans cette expérience accompagnée d’un ami rencontré en début de voyage à Buenos Aires. Nous avons donc pris la fuite avant de trouver un nouvel « intercambio » en banlieue de Mendoza dans un bar à vins.

L’Argentine étant le pays des magouilles en tout genre, nous travaillions en fait chez un loueur de vélo où nous devions faire la promotion d’un bar à vins. Je m’occupais également chaque matin de cuisiner une centaine d’empanadas (petit chausson farci de viande hachée et d’oignons pour le plus classique). Elles étaient servies en guise d’accompagnement d’une dégustation de vins. Nous avions aussi pour mission de rassembler le nombre de touristes nécessaires pour organiser des asados (barbecue argentin).

Empanada!

J’ai ensuite travaillé trois semaines dans une auberge de jeunesse en Uruguay, à la Paloma. Ma fonction principale était de nettoyer les chambres et les salles de bain. Ce ne fût pas le travail le plus sexy que j’ai eu à faire, mais l’ambiance de cet hostel était incroyable. J’y ai d’ailleurs noué de nombreuses amitiés.

J’ai aussi travaillé comme serveuse dans un restaurant de sushis dans le village de surfeurs de Huanchaco, au Pérou.

Pour finir, lors de mon dernier voyage en Uruguay durant l’hiver français, j’ai vendu des robes sur les plages de Punta del Este pendant deux mois.

Es-tu partie seule ?

Je suis effectivement partie seule, ce qui était pour moi la condition nécessaire pour jouir de la liberté que je recherchais. Incroyable mais vrai, je ne me suis jamais sentie en insécurité. Bien au contraire, j’ai plutôt ressenti une attitude amicale et protectrice envers moi. Par contre, il est important d’avoir conscience que ce n’est pas toujours facile pour la famille et les proches, restés en France. Mais grâce à WhatsApp et autres applications, il est très simple de donner des nouvelles régulières.

Avant ce voyage, avais-tu l’habitude de voyager?

Issue d’une famille de voyageurs, j’ai eu la chance de vivre une enfance rythmée par de nombreux voyages. J’ai été aux quatre coins du monde, même en Argentine à l’âge de huit ans. La majorité en poche, j’ai commencé à partir avec mes amis! Sac sur le dos, sur des périodes de plus en plus longues jusqu’à faire le grand saut, c’est à dire partir seule et plusieurs mois.

Comment as-tu trouvé ces jobs?

Workaway (il existe d’autres sites du même genre) est effectivement une super technique pour trouver des volontariats. Bien souvent, il suffit simplement de demander à une auberge de jeunesse si elle cherche des volontaires. De cette façon, j’ai trouvé mon échange au Pérou. Je crois que cette façon de fonctionner est propre à l’Amérique latine. C’est l’un de ses atouts les plus attrayants pour les voyageurs au long cours. Il n’est pas rare de rencontrer des musiciens dans les auberges de jeunesses qui sont logés en échange de quelques concerts. Génial !

Un pays coup de coeur?

L’Uruguay, c’est là que j’y ai vécu le plus d’expériences, que j’ai rencontré mon copain, et je pense que c’est aussi l’un des moins visité, ou du moins l’un des moins connu…

Quel a été ton itinéraire en Uruguay?

Comme la plupart des touristes qui voyagent en Uruguay, je suis arrivée dans un premier temps dans la ville coloniale portugaise de Colonia, au sud-ouest du pays, à 50km de Buenos Aires (accès rapide en bateau). Puis je suis allée dans le département de Rocha (La Paloma, Cabo Polonio et Punta del Diablo), département du sud est, frontalier du Brésil réputé pour ses belles plages sauvages et son ambiance « cool ». J’ai ensuite profité des nuits estivales de Montevideo avant de reprendre la route vers la Bolivie.

Santa Teresa, Rocha

Combien de temps y es-tu restée ?

Mon premier voyage en Uruguay a eu lieu durant l’été et a duré un peu plus d’un mois. Je pensais n’y passer qu’une semaine ou deux, et en fin de compte, comme les rares voyageurs qui font le détour (l’Uruguay n’est que très rarement au programme des Occidentaux qui parcourent l’Amérique du Sud), je suis tombée sous le charme de ce pays. J’y suis retournée en mai, découvrant alors l’hiver uruguayen avant d’y repartir à nouveau cette fois-ci pour y passer l’été entier (de novembre à février).
En fait, quand c’est l’été chez nous c’est l’hiver là-bas !

Parle-nous de tes endroits favoris en Uruguay.

Selon moi, les plus belles plages sont à partir de Montevideo jusqu’au Brésil, avec un petit faible pour celles du département de Rocha, notamment celles de La Paloma-La Pedrera, de Punta Del Diablo et celles du parc national de Santa Teresa. Sans oublier, l’incroyable Cabo Polonio, une réserve naturelle accessible seulement en jeep, où il est possible d’y faire un séjour. Je crois que le Guide du Routard résume à merveille cet endroit où « […] seuls les chants des oiseaux, les cris des otaries et le murmure des vagues subsistent pour vous rappeler au monde. Une merveilleuse osmose avec la nature, aux confins de l’invraisemblable. »

Cabo Polonio – Uruguay

Mais j’ai beaucoup aimé aussi la côte qui se situe à l’est de la capitale et notamment le département de Colonia (d’où est originaire mon copain). Bien moins touristique et plus sauvage encore, un paradis pour contempler les oiseaux.

Plage Riachuelo, Colonia

T’es-tu sentie dépaysée ?

Ma connaissance de l’Uruguay n’a cessé d’évoluer au fur et à mesure des mes voyages là-bas et, surtout depuis que je suis la novia (petite copine) d’un bel Uruguayen. Puisque je ne l’ai rencontré seulement à quelques jours de mon départ pour la Bolivie, ma première vision de l’Uruguay en tant que mochilera (routarde) a été exceptionnelle. L’Uruguay est un tout petit pays avec de nombreuses traditions, qui vit d’une façon très simple, à l’image de son ex-super-président, Pépé Mujica. Là-bas, on ne se prend pas la tête et surtout on prend son temps !

Sieste, Vaches et plage à Riachuelo, Colonia

Lorsque j’y suis retournée au mois de mai, le pays, qui a un climat très similaire à celui de la France, vivait au rythme du froid et de la nostalgie. En effet, l’attraction principale de l’Uruguay étant les plages, le pays traverse plus difficilement l’hiver. Les rues sont désertées et la plupart des activités sont à l’arrêt.

As-tu rencontré des difficultés ?

Le plus dur pour moi a été d’être la petite copine d’un local. En effet, si les Uruguayens sont très faciles au premier abord, il est beaucoup plus compliqué de rentrer dans leur sphère privée. Si nous avons des modes de vies relativement similaires, nos relations à la famille, aux amis et aux petits ami(e)s sont différentes.

Quant à la langue, j’ai étudié l’espagnol en deuxième langue au collège et au lycée. Cependant par la suite, j’ai beaucoup plus pratiqué l’anglais lors de mes études ou de mes voyages. J’ai donc débarqué avec un niveau plus que moyen en Amérique latine. Mais le fait de voyager seule, de travailler et surtout d’avoir une relation amoureuse avec un hispanophone a fait que je parle aujourd’hui couramment cette langue. Et ce, sans jamais avoir ouvert un dictionnaire ! D’autant plus que l’Uruguayen parle relativement lentement et a une prononciation proche des habitants de Buenos Aires. (la placha et non la playa !)

Est-ce facile de se loger en Uruguay?

Les stations balnéaires touristiques et Montevideo sont pleines à craquer d’auberges de jeunesses!  Elles sont toutes plus agréables les unes que les autres. Si le confort n’est pas très bon (lits en dortoir, salles de bains partagées), l’ambiance y est magique.

Une colocation uruguayenne! Sympa?

La gastronomie en Uruguay, qu’est-ce que tu en penses ?

Si l’on entend par gastronomie l’art de déguster, en tant que Français, il n’y a vraiment pas de quoi s’emballer. Une des spécialités du pays est quand même le chivito! C’est un burger composé de bœuf ou porc, bacon, œuf, jambon, crudités et l’inévitable mayonnaise !

Mon coup de cœur c’est l’asado. C’est une façon de cuire la viande (bien souvent un excellent morceau de bœuf entier) au feu de bois. La viande est donc grillée à l’extérieur et fondante à l’intérieur, quand on précise qu’on aime la déguster saignante. De plus, l’asado est un vrai moment de partage. On mange sans assiettes ni couverts, l’asador (le maître du grill) se charge de découper la viande en morceaux. Il ne reste plus qu’à picorer, le tout accompagné de pain et d’une sauce chimichurri (persil et ail essentiellement).

Le mate quant à lui est partout. Sorte de thé vert qui se boit dans un pot de calebasse à l’aide d’une paille métallique appelé bombilla. L’Uruguayen y est accro ! Au travail, dans la rue, en voiture, il ne se déplace jamais sans son maté et son thermos sous le bras !

Niveau budget, est-ce un pays cher ? Quel est le prix moyen pour un repas ? Une nuit d’hôtel ?

L’Uruguay, avec l’Argentine et le Chili est l’un des pays les plus chers du continent. Pour moi, le restaurant là-bas n’est pas la solution puisque c’est cher et vraiment pas délicieux (comptez 10€ minimum). Par contre, la viande est bien moins chère qu’en France et de très bonne qualité. Je vous conseille donc de cuisiner dans les hostels. Ils sont tous équipés d’une cuisine commune et d’abuser des asados qui s’organisent de façon très régulière dans les auberges de jeunesse. Le prix d’un lit en dortoir quant à lui varie de 10 à 20€.

Comment se déplacer en Uruguay?

Lors de mon premier voyage, je me suis déplacée en bus. Le réseau est développé, de qualité et très simple à utiliser. Si vous voyagez en groupe, il devient rapidement intéressant de louer une voiture. Enfin, avec mon copain, nous avons fait deux voyages en bicyclettes et un à moto. Il y a peu de routes et c’est toujours tout droit !

Bilan de ton expérience?

Partir en voyage au long cours (et non juste en vacances), c’est être prêt à laisser un certain confort pour se lancer dans une aventure pleine de surprises et de rebondissements. Le voyage nous fait quitter une certaine routine pour laisser place à l’imprévu. Il nous confronte à des situations inattendues, et permet de s’adapter, s’enrichir, s’ouvrir, maîtriser une nouvelle langue. C’est vivre d’une façon intense où tout se passe plus vite, surtout d’un point de vue émotionnel. Tout n’est pas toujours rose et facile mais voyager c’est grandir et mieux se connaître.

Voyager seule et être loin de ma famille et de mes proches, m’a poussé à m’ouvrir beaucoup plus facilement. Je pense que l’incroyable histoire d’amour que je suis en train de vivre n’aurait jamais abouti si je l’avais vécu dans mon quotidien français. En un an, nous avons vécu une année extraordinaire entre éloignement et retrouvailles, entre la France et l’Uruguay, et plus récemment un voyage de deux mois en Inde.

Un petit mot de fin?

Qu’importe ce que vous allez vivre, dites-vous que vous avez l’audace d’oser faire ce que beaucoup ne feront jamais. Quoi qu’il se passe, vous allez apprendre et grandir. Et donc, si vous revenez, vous reviendrez meilleur c’est sûr ! Vous saurez pourquoi, pour profiter ! 

D’ailleurs, Claire a créé sa petite boutique ambulante Montevideo, je vous invite à découvrir ses jolies créations inspirées de la mode Uruguayenne et Indienne!

 

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One Reply to “Témoignage de Claire: PVT en Argentine et voyage en Uruguay!”

  1. Le vieux petit baroudeur à l’impression que tout est dit ! Voyager seul est une grande école de la vie, on croit que c’est dans notre pays qu’on est les meilleurs pour certaines choses c’est vrai,mais on s’enrichit dans des pays moins aisés la solidarité est plus vraie et les émotions sont plus palpables
    Que c’est beau le vyage!

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